Traditionnel, végétal ou végan : quel cuir êtes-vous ?

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Le cuir

Nous adorons les produits en cuir pour leur beauté et pour leur solidité.

Aujourd’hui, à cause de la vente à bas prix pratiquée sur de nombreux sites de mode, on expédie souvent trop rapidement à la poubelle nos chaussures et nos ceintures en cuir démodées, au lieu de les revendre, de les donner ou de les recycler…

Avant de me spécialiser dans le cuir, je pensais qu’il n’avait aucun impact négatif sur l’environnement, cependant le processus de tannage accroissant considérablement sa durabilité, je sais désormais que le cuir prend environ 50 ans à se décomposer.

Il existe de nos jours une large variété de cuir allant du cuir animal, bien connu, au cuir végétal et cuir végan, une nouvelle tendance dans le monde des accessoires.

On m’a souvent posé la question sur ces deux derniers. Alors, aujourd’hui je réponds !

Savez-vous combien de types de cuir existent dans le monde ?

Vous avez déjà dû entendre les termes de « cuir exotique », « cuir d’agneau », « cuir grainé », « cuir verni », « éco-cuir » … Ici, nous parlerons de tous les types de cuir. Alors, commençons par celui qui porte, avec son nom, son lot de contradictions et qui sème les malentendus en ce moment : le cuir végétal.

Le cuir végétal

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Pour lever tous les doutes en une seule fois, sachez que le cuir végétal est le résultat du tannage de la peau d’un animal grâce à un procédé végétal. Cette appellation est trompeuse car elle conduit les consommateurs/amateurs d’accessoires à penser qu’ils achètent un cuir provenant d’arbres ou de plantes. C’est faux.

La technique du tannage est un processus de transformation des peaux animales en cuir par une action chimique. Cette action modifie la souplesse et, même, la résistance du cuir. Il existe des tannages minéraux selon lesquels on utilise du sulfate de chrome, des sels d’aluminium ou de zirconium, ces deux derniers composants étant relativement rares. Le tannage au chrome est rapide et peu coûteux.

Le tannage végétal est celui que nos ancêtres employaient. Il consiste à utiliser le tanin végétal des écorces de bois, des racines ou des feuilles. Chaque ingrédient donnera un résultat différent, sachant qu’il faut compter entre 10 jours et 8 semaines, selon son traitement, pour obtenir le cuir issu de tannage végétal. Bien entendu, le tannage chimique est bien plus rapide, d’où son succès.

Le cuir végan ou éco-cuir 

En 2014, un professeur et ingénieur américain, Richard Wool, reçoit le World Green Design Award – le grand prix des innovations écologiques.

Il a conçu une matière similaire au cuir animal en associant le coton ou le lin avec le maïs ou le soja, ainsi qu’avec des huiles végétales. Cet éco-cuir résiste à l’eau et démontre une certaine robustesse. Apparemment, ce « cuir » est biodégradable et coûte moins cher en production. A ce jour, n’importe quel magasin ne le propose pas encore à la vente, mais les grandes marques commencent très sérieusement à étudier son intérêt. Alternative éthique et écologique innovante, ce cuir végétal fera certainement beaucoup parler de lui dans les années à venir.  Une question se pose cependant : si l’utilisation du cuir animal est suspendue, qu’adviendra-t-il de toutes ces peaux d’animaux mangés à travers le monde ?


Le cuir d’ananas

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Ce cuir, inventé en Espagne à partir des feuilles de l’ananas, porte le nom de « Piñatex ». Comme toutes les feuilles, il est biodégradable et comme tout végétal, il est responsable d’un impact environnemental minime. Pour obtenir le Piñatex, il suffit de récolter les feuilles d’ananas et de les mixer. Les fibres qu’elles contiennent forment, après l’usage de certains procédés, un matériau résistant et souple, comparable au cuir.

Le cuir d’eucalyptus

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Comme les feuilles d’ananas, les feuilles d’eucalyptus contiennent beaucoup de fibres, un composant qui permet d’obtenir un cuir très résistant après transformation. Les Allemands fabriquent ce cuir sans pesticides et en circuit court uniquement.

Le cuir de champignon

Découvrez le « Muskin », une matière obtenue à partir des chapeaux de champignons et sans tannage chimique, s’il vous plaît ! Là, vous pensez certainement à la contraction de « mushroom » (champignon en anglais) et « skin » (peau en anglais) … et bien non ! Cette fois, ce sont les Italiens qui ont élaboré ce cuir à la fois biodégradable et parfaitement écologique. A quoi peut-il bien ressembler ? Au daim tout simplement ! Si vous le manipulez, vous constaterez qu’il démontre une qualité identique en matière de souplesse. Autre atout, ce cuir est naturellement déperlant, et, cerise sur le gâteau, il empêche le développement des bactéries.

Le cuir d’hévéa

C’est au Brésil que l’on fabrique le « tissu de la forêt » ou cuir d’hévéa. A partir de la sève de la plante, on obtient un latex végétal 100% écologique, aussi résistant et souple qu’un cuir animal.

Le cuir de liège

Vous avez déjà dû voir des sacs en liège. Cette matière totalement naturelle, légère, résistante et imperméable est de plus en plus utilisée en maroquinerie, de la même manière que le cuir. Elle est récoltée à partir du chêne liège sur lequel l’écorce est prélevée tandis que sa conception est éthique et sans impact environnemental.

Le cuir de thé de kombucha

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Connaissez-vous cette boisson qu’on trouve facilement en magasin bio ou chez un producteur de kombucha ? Ma mère en avait quand j’étais enfant, qu’elle gardait sur le rebord de la fenêtre. Dans un grand bocal, il fallait mélanger de l’eau, de la levure boulangère, du sucre et ce fameux champignon qui, en se nourrissant du mélange, s’agrandit et prend la forme du récipient transparent dans lequel il se trouve. Cette consistance alors solide peut devenir du cuir. Il s’agit cependant d’une découverte récente qui demande encore d’importants progrès pour parvenir à des caractéristiques mécaniques et à une étanchéité suffisante. Ne vous baladez surtout pas avec votre sac en cuir de thé de kombucha en Russie en hiver ou sous la pluie, car le froid rend ce cuir fragile tandis que l’eau le ramollit. Mais laissons les chercheurs régler ces petits problèmes de fabrication…

Le cuir d’algues

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Ah, les algues ! On les utilise à toutes les sauces… En cuisine, en cosmétique, en design intérieur, apparence proche du liège oblige… Avec elles, on fabrique des fils, on tisse des tapis ou on crée des lampes suspendues colorées. Les designers puisent de plus en plus leur inspiration dans ce végétal, le cuir à base d’algues existe aussi.

Le cuir à base de résidus de raisin

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Nos voisins les Italiens lancent un nouveau produit sur le marché de la mode végane, le cuir de raisin. Conçu à partir de résidus issus de la viticulture, ce cuir écolo est une nouvelle alternative au cuir traditionnel. L’idée consiste à mettre à profit les nombreux résidus de grains et de peaux issus de la transformation du raisin afin de créer un cuir très résistant pouvant être utilisé tout aussi bien par la mode que par les fabricants de mobilier et par les industriels de l’automobile.